Les organismes génétiquement modifiés (OGM) sont largement utilisés dans les laboratoires de recherche, notamment pour l’étude des maladies, le développement de thérapies innovantes ou l’amélioration des cultures agricoles. Cependant, leur manipulation requiert une réglementation stricte afin de prévenir tout risque pour la santé humaine et l’environnement. Cet article explore la réglementation en vigueur en France ainsi que les bonnes pratiques liées à l’utilisation des OGM en milieu confiné.

Qu’est-ce qu’un OGM ?
Un organisme génétiquement modifié (OGM) est défini comme un organisme dont le matériel génétique a été modifié d’une manière qui ne se produit pas naturellement par multiplication et/ou recombinaison naturelle. Cette modification est généralement réalisée par des techniques de biotechnologie moderne, telles que l’insertion de gènes exogènes, la suppression ou la modification de gènes endogènes.
Applications des OGM en laboratoire
Les OGM sont couramment utilisés dans plusieurs domaines :
- Recherche biomédicale : Étude des pathologies, modélisation de maladies génétiques et développement de traitements ciblés.
- Agrobiotechnologie : Amélioration des rendements agricoles, résistance aux maladies et aux insectes.
- Production industrielle : Fabrication de médicaments, enzymes et vaccins.
- Écologie et environnement : Développement de bactéries ou de plantes capables de dépolluer les sols et l’eau.
Réglementation française sur l’utilisation des OGM en milieu confiné et textes de référence
En France, l’utilisation des OGM en laboratoire est strictement encadrée par la réglementation nationale et européenne. La manipulation d’OGM en milieu confiné est soumise à des obligations légales précises, visant à garantir la sécurité des travailleurs et à limiter les risques environnementaux.
La réglementation applicable repose sur plusieurs textes fondamentaux :
- Directive 2009/41/CE relative à l’utilisation confinée de micro-organismes génétiquement modifiés.
- Code de l’environnement (articles L532-1 à L532-9), qui établit les obligations relatives aux OGM en milieu confiné.
- Arrêtés ministériels définissant les exigences spécifiques en matière de biosécurité.
Démarches administratives obligatoires

Avant toute manipulation d’OGM en laboratoire, plusieurs démarches sont requises :
- Déclaration ou demande d’autorisation auprès du Ministère de la Transition Écologique.
- Évaluation des risques biologiques : Classification du projet selon le niveau de risque (de 1 à 4, du risque le plus faible au plus élevé).
- Mise en place de mesures de confinement adaptées selon la classification du laboratoire (L1 à L4).
- Formation des personnels sur les bonnes pratiques de manipulation et la gestion des risques.
Mesures de confinement et de biosécurité
Le confinement vise à empêcher toute dissémination involontaire des OGM dans l’environnement. Il est essentiel d’adopter des mesures de sécurité rigoureuses adaptées au niveau de risque.
Les niveaux de confinement
- Confinement de niveau 1 (NC1) : Risque faible, aucune mesure spécifique hors des bonnes pratiques de laboratoire.
- Confinement de niveau 2 (NC2) : Risque modéré, nécessitant des équipements de protection individuelle et des procédures de gestion des déchets biologiques.
- Confinement de niveau 3 (NC3) : Risque élevé, exigeant une enceinte de confinement, une ventilation sous pression négative et des mesures strictes de décontamination.
- Confinement de niveau 4 (NC4) : Risque très élevé, imposant des combinaisons intégrales avec respirateurs autonomes et des laboratoires hermétiques.
Bonnes pratiques en laboratoire
- Équipements de protection individuelle (EPI) : Port de blouses, gants, lunettes de protection.
- Procédures de manipulation sécurisées : Utilisation de postes de sécurité microbiologique, désinfection systématique des surfaces et des outils.
- Gestion des déchets biologiques : Inactivation des déchets OGM par autoclavage avant élimination.
- Surveillance et traçabilité : Tenue d’un registre des expériences et contrôle des stocks d’OGM.
L’élaboration des dossiers d’agrément et de déclaration
Toute structure manipulant des OGM doit constituer un dossier administratif pour obtenir les autorisations nécessaires. Ce dossier comprend :
- Une description détaillée du projet de recherche et des OGM utilisés.
- Une analyse des risques biologiques.
- Un plan de confinement et de gestion des incidents.
- Une attestation de formation du personnel aux risques biologiques.
Les entreprises et laboratoires doivent régulièrement mettre à jour ces dossiers et notifier toute modification à l’autorité compétente.
Pour en savoir plus ….
Parce que l’utilisation des OGM en milieu confiné est un domaine hautement réglementé, nécessitant une maîtrise des protocoles de biosécurité et des démarches administratives.
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